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Chroniques de maman, Wondermum

10 idées reçues sur la bienveillance éducative

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Aujourd’hui c’est la journée de la non-violence éducative, une journée de réflexion au sujet des violences éducatives ordinaires initiée par Catherine Dumonteil-Kremer. Cette maman de trois filles est consultante familiale, formatrice sur les sujets qui touchent à la parentalité. Elle a également fondé l’association La Maison de l’Enfant, ainsi que  « Parents Conscients », le plus grand groupe de soutien francophone à la parentalité positive. C’est l’une des personnes qui m’a accompagné et inspirée sur le chemin de chemin de la parentalité bienveillante. Pour poursuivre à mon tour son action, je vous propose cette réflexion autour des idées reçues sur la bienveillance éducative.

Bienveillance éducative, parentalité positive, non violence éducative…Autant de termes pour désigner le même concept : elever les enfants en s’affranchissant de toute forme de violence (coups, cris, chantage, punitions…). L’idée est d’envisager une autre forme d’autorité basée sur la coopération et l’échange. Je vous renvoie à ce billet dans lequel j’expliquais pourquoi il est impératif d’en finir avec les violences éducatives ordinaires.

Lorsque j’échange avec des personnes qui ne sont pas vraiment adeptes de ces méthodes dites « positives » ou « bienveillantes » (ou ne savent pas du tout ce que c’est), bien souvent je dois faire face à un certain nombre de réflexions ou d’objections négatives, basées sur pas mal d’idées reçues. Preuve qu’il y a encore beaucoup de travail explicatif à faire.

1° Les enfants de parents adeptes de ce genre d’éducation sont des enfants roi

C’est la principale objection que je reçois : « je ne souhaite pas d’un enfant roi », « l’enfant roi ne passera pas par moi ». Par moi non plus je vous rassure ! Il y a cette idée selon laquelle l’enfant a quelque chose de malin ou de mauvais en lui. Une tendance à la manipulation ( « il me teste »), qui si elle n’est pas tuée dans l’œuf dès le départ, risque de faire de lui un despote en culotte courte, menant tout son entourage au doigt et à la baguette. La vérité c’est que le cerveau des touts petits est immature et nombre de leurs comportements inadaptés sont la manifestation de cette immaturité. Ils ont besoin qu’on leur apprenne à exprimer et à gérer leur émotions et leurs frustrations. Avec un accompagnement basé sur l’empathie, on peut tout à fait leur construire un cadre qui leur permette d’évoluer sereinement en s’adaptant aux exigences de la vie en société/communauté. La parentalité positive vous accompagner votre enfant sur ce chemin.

2° Ce sont des parents « faibles »

L’éducation à l’ancienne, c’est un adulte tout puissant qui impose à l’enfant, sans admettre qu’il puisse répliquer ou chercher à comprendre quoi que ce soit. L’enfant doit obéir à l’adulte, point barre. On instaure un climat de peur pour pousser l’enfant à respecter l’adulte. L’adulte a toujours raison et même lorsqu’il se trompe il n’a pas à s’en excuser car il agit « pour le bien » des enfants. L’autoritarisme et la sévérité et la seule manière valable et efficace de garantir le respect. Si le parent se met au niveau de l’enfant, le laisse répondre, répliquer, s’opposer, alors c’est un aveu de faiblesse. En parentalité positive on observe, on analyse, on évalue puis on agit de manière appropriée et proportionnée. Les parents bienveillants ne sont pas faibles, ce sont des fins stratèges qui ont compris et adopté tous les outils d’un leadership puissant. Des qualités que vous allez transmettre à votre enfant et qui lui serviront dans bien des situations de sa vie quotidienne.

3° Ce sont des enfants faibles qui seront des victimes

C’est une question qui m’a été posée plusieurs fois : « est-ce qu’à trop vouloir ménager les enfants on ne fait pas d’eux des victimes potentielles de leur camarades peu bienveillants et de de la cruauté du monde ? »

Les violences éducatives ordinaires abiment. Le corps mais aussi l’esprit. Les enfants régulièrement exposés aux cris, aux coups et aux punitions perdent confiance en eux, manquent d’esprit d’initiative et pour certains sont dans une recherche de domination ou de toute puissance qui les poussent à crier, frapper et punir à leur tour. Vous conviendrez que ce ne sont pas les camarades de jeux idéaux pour les autres. Ce sont ces enfants là qui sont victimes de leurs comportements inadaptés. Constamment repris par les adultes, à la maison, à l’école, au parc…Ils ne peuvent pas vraiment jouir de l’insouciance qui accompagne l’enfance. Ils sont étiquetés « méchants » et sont rejetés par d’autres enfants. Les enfants qui sont élévés dans la bienveillance sont très emphatiques. Ils sont soucieux des autres. Sont dans le partage et l’entre-aide. Ils ont d’ailleurs tendance à fuir la compagnie des enfants violents. Il y a de la cruauté dans ce monde, c’est une réalité, mais apprendre à un enfant que l’on peut exprimer une émotion par de la violence, pire encore, que l’on peut aimer et violenter, risque de faire de lui un être inapte sur le plan émotionnel. On peut apprendre à nos enfants à riposter, à répliquer, mais surtout apprenons leur d’abord à réévaluer et à discuter. Des qualités qui leur seront très utiles tout au long de leur vie et qui feront d’eux non pas des victimes, mais des leader.

4° Ça ne marche pas avec tous les enfants

 

Une des objections que j’entends souvent, c’est que tous les enfants sont différents et que ça ne marche pas avec certains enfants d’être bienveillant. On me dit d’ailleurs souvent que j’ai de la chance car ma fille est « sage » et c’est ce qui nous permet de pratiquer la bienveillance éducative. Ce que je dis c’est que tous les enfants arrivent au monde avec les mêmes compétences, les mêmes capacités biologiques et les même filtres. Le caractère est certes différent, mais ce qui est le plus important et dans une certaine mesure déterminant ce sont les réponses de l’entourage à des besoins qu’ils expriment et qui peuvent en effet être différents de ceux des autres. Certains enfants ont besoin de plus de sommeil, de manger moins/plus/différemment, de bouger plus, d’être un peu plus écouté ou rassuré. En revanche ils possèdent tous le même réservoir affectif que l’on va remplir d’amour de manière inconditionnelle pour leur fournir le carburant leur permettant d’avancer sereinement dans la vie. Certains ont des moteurs diesel et d’autres essence. A nous de nous adapter pour leur fournir le cadre qui corresond à leur nature profonde et à leurs besoins. La bienveillance éducative fournit aux parents de précieuses informations sur ce cadre. Aucun enfant ne mérite plus qu’un autre d’être violenté. Tentons de comprendre qu’elles sont les besoins de chacun ainsi nous pourrons y coller au plus près.

5° C’est un truc de parents bobos écolos intellos

Rien que ça. Je pourrais ajouter dans le cas mon cas de parents « blancs » car c’est une remarque que j’entends souvent. Non la bienveillance éducative n’est pas l’apanage d’un type de parents ou même de famille. Ça peut fonctionner pour les non blancs, pour les familles recomposées, pour celles qui n’ont pas beaucoup de revenus, pour les mamans solo…. Vous n’êtes pas obligés de revendiquer ou réitérer un type d’éducation ou une manière de faire dans lesquels vous ne vous reconnaissez pas.  J’en parlais dans ce billet, Il est impératif de construire les contours de votre propre parentalité, et il n’est jamais trop tard pour le faire. J’ai reçu des fessées et je n’en suis pas morte, mais le projet éducatif que je veux construire pour mes enfants va au delà du simple fait de les maintenir en vie… Je souhaiterai leur permettre de prendre pleinement conscience de leur capacités, pour pouvoir explorer ce qu’il y a de meilleur en eux. Et la parentalité positive est le meilleur outil que j’ai trouvé pour y parvenir.

6°C’est la solution de facilité

Non ce n’est pas la solution de facilité que de pousser ses enfants à reflechir à leurs actes, sans les culpabiliser, leur faire peur ou honte. Cela demande de la pratique et de la reflexion. Du temps également pour être avec eux, les accompagner, leur montrer comment faire. Apprendre à les connaitre sans les enfermer dans ces cases dommageables pour leur estime personnelle. Etre un parent bienveillant ce n’est pas facile, c’est exigeant, mais ça paie.

7° C’est rechercher la perfection

Se tromper, faire  parfois exactement le contraire de ce que l’on souhaite au fond de soi, c’est le propre des êtres humains (à la diffréence des robots qui peuvent être programmés)…Les parents bienveillants sont loin d’être parfaits et ne cherchent pas à l’être. En revanche ils s’engagent quotiennement à essayer de faire autrement, à accepter de se remettre en question, avoir tort face à son enfant, s’excuser, lâcher prise et faire fi du regard des autres. On ne peut pas être bienveillant avec ses enfants si on ne l’est pas envers soi même. Etre bienveillant envers soi c’est admettre qu’il y aura des loupés, mais aussi regarder nos erreurs en face.

8°Ce sont des parents qui jugent les autres

Je lis souvent, notamment sur les réseaux sociaux, cette idée selon laquelle certains parents en partageant leur manière de faire portent insidieusement un jugement sur ce que font les autres. Le mouvement pour la parentalité positive est basé sur une idée de partage des bonnes pratiques pour faire évoluer la société. Ce n’est pas une obligation, mais cela se prête bien au mode de fonctionnement d’internet. Et puis pour de nombreux parents de ma génération c’est tellement révolutionnaire par rapport à ce que l’on a pu connaître du temps de notre enfance que l’on a envie de prêcher « bonne parole ». En ce qui me concerne, hormis sur ce blog ou sur mes réseaux sociaux où je partage avant tout MA manière de faire, je me garde bien de dire aux parents de mon entourage comment ils doivent faire. J’ai suivi une formation en accompagnement parental, j’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet, assisté à des conférences et pu finalement appliquer toute cette théorie chez moi. Avec beaucoup de succès. Mais je suis consciente que tout le monde ne possède pas les informations et les outils pour faire évoluer ou changer sa manière de faire. Aujourd’hui j’anime des workshop et pour tout vous dire c’est une demande qui m’a été faite par des parents à qui j’ai donné des conseils (à leur demande). Ces parents réticents au départ voyaient bien que ça fonctionnait pour moi, non pas parce que je suis un être supérieur, mais parce que j’ai à un moment donné de ma vie, décidé de changer ma manière de penser.  On en parle beaucoup, comme d’un effet de mode, les livre sur le sujet se multiplient mais en réalité ce type de philosophie éducative a toujours existé, il était juste marginal. J’en parle lors de mes workshop, je l’ai découvert alors que j’avais 18 ans, en première année de fac et je gardais 3 gamins après mes cours…Bref tout ça pour vous dire que le parent qui est réellement bienveillant proposera son aide, mais ne vous jugera pas.

9°Ce sont des enfants qui sont inadpatés à la vie en société

Vraiment ? Bien au contraire. Ce sont des enfants très sociables qui ont une capacité d’adaptation formidable. Chaque enfant a ensuite son propre fonctionnement, certains sont plus réservés que d’autres, ont besoin de temps, veulent se sentir en sécurité… Ce n’est pas tant lié à la philosophie éducative. Ce qui est certains c’est qu’ils aurons du mal à comprendre des comportements violents, les injonctions permanentes ou l’autoritarisme. A la différence des autres enfants qui y sont habitués (résignés), les enfants qui grandissent dans un environnement bienveillants auront tendance à exprimer leur malaise face à de telles manière de faire ou de les traiter. Le dialogue de part et d’autre reste la clé. Fort heureusement de nombreux établissements scolaires et leurs personnels sont désormais ouverts à un autre mode de fonctionnement et les mentalités évoluent…

10° Ce sont des parents qui n’ont que ça à faire

Ah le temps, l’argument ultime ! Je vous rassure on en manque tous cruellement lorsque l’on a des enfants. La parentalité positive c’est également un autre rapport au temps, à la vie…Lorsque nous avons décidé que notre grande ne regarderait pas des dessins animés comme et quand elle le souhaite, il a fallu trouver des manière de l’occuper. Nos contraintes sont restées les mêmes : la cuisine, le ménage, le boulot…Rien de tout cela n’a pu être mis en pause pour que notre fille se fasse à la vie sans TV et ne nous sollicite pas trop pendant ces moments. La parentalité positive nous a permis de comprendre l’urgence qu’il y avait à revoir notre manière de vivre le temps et surtout nous a permis de découvrir des options et des solutions qui payent.

Et vous, vous êtes adeptes ? Vous avez vous aussi essuyé des remarques ou des critiques de votre entourage ? Ou alors vous restez sceptique vis à vis de ce mode éducatif ? Dites moi tout !

Comme je le disais plus haut, et au cas où vous découvriez mon blog, j’anime des ateliers (workshop, en anglais c’est plus sexy ah ah), sur la parentalité. En petit comité, entre femmes, à Paris. Le prochain portera sur la charge mentale et ne sera d’ailleurs pas réservé aux mamans. Si vous souhaitez y participer, rdv ICI.

 

 

 

 

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2 Commentaires

  • Reply Girlinduplex

    Bonsoir nous nous sommes décidés à ne plus laisser notre fils regarder de dessins animés sauf un temps imparti par nous et que ce soit un moment avec nous. Depuis notre retour de vacances nous avons constaté qu’il ne savait pas gérer sa frustration et que cela pouvait même être violent envers nous. Il n’a que deux ans et demi. Et quand il se braque nous essayons de savoir ce qui ne va pas. Même si parfois c’est compliqué à cause des cris et des larmes, on prend sur soi et on creuse et quand c’est dur pour l’un l’autre prend le relais. Mais ce n’est pas toujours facile ça c’est une chose certaine lol

    30 avril 2018 at 20 08 30 04304
    • Reply D.

      Pas évident de gérer la frustration et les colères, mais c’est pour leur bien. Parfois on y arrive mieux que d’autres fois, mais ce n’est jamais facile en effet.

      30 avril 2018 at 23 11 00 04004

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