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Africa Rising ou l’Afroptimisme vu par Edun et Louis Vuitton

J’ai découvert l’engagement de Louis Vuitton envers le monde de l’art avec l’exposition « Écritures silencieuses » qui se déroulait l’année dernière au sein de l’espace culturel des Champs Elysées.
Avant cela, la marque m’évoquait tout sauf sauf l’art dans son sens premier, récréatif et caritatif dépouillé de tout snobisme et de tout intérêt spéculatif.
Pourtant cela fait plus de 150 ans que la marque entretient cette passion qui s’exprime par des manifestations ponctuelles mais de plus en plus affirmées.

Bono et son épouse Ali pour la dernière campagne « Core Values  » de Louis Vuitton

 « Africa Rising » est née de l’association avec la marque Edun (détenue à 49% par LVMH) et coïncide avec la toute dernière campagne « Core Values »(campagnes publicitaires à l’occasion desquelles Louis Vuitton  communique sur ses valeurs notamment caritatives en mettant en scène des personnalités qui s’illustrent dans le domaine) du malletier dont Bono et son épouse Ali sont les supports. Une collaboration plus que de circonstance puisque c’est le couple avec l’aide du designer Rogan Gregory qui a fondé la marque Edun en 2005 avec pour ambition de proposer des vêtements bio et équitables.

L’exposition, conçue par Marguerite de Sabran qui est plus riche par son concept que par le nombre des oeuvres exposées s’inscrit dans cette volonté grandissante de proposer une autre vision de l’Afrique, moins politique, réellement artistique !
C’est l’ « Afropotimisme » que Bono explique en ces termes :
« Les personnes que nous avons rencontrées en Afrique sont toujours pleines d’espoir, intelligentes et créatives… Il est important de garder à l’esprit les possibilités offertes par ce continent magique « .
Avant de crier à la naiveté et à l’utopisme people, je vous invite plutôt à découvrir ou redécouvrir les oeuvres des cinq artistes  que sont Seydou Keita, Baudouin Mouanda, Nontsikelelo Veleko, Angèle Etoundi Essamba et George Lilanga.

Des photographes africains, je ne connaissais que les oeuvres de Malick Sidibe( que j’évoquais ici) dont je suis une fervente admiratrice . Pourtant la confusion avec Seydou Keita (1930-2001)spécialisé dans le noir et blanc et considéré comme le maître des portraitistes des studios photos du Mali jusqu’à la fin des années 70 est fréquente. 
L’exposition présente des clichés pour la plupart inédits, provenant de la collection Jean Pigozzi.
Ce qui frappe le regard chez Seydou Keita c’est cette maîtrise du cadrage, du contraste et de la lumière. Ces photographies réalisées en studio ne sont pas recardées ni retouchées. Sa signature est le tissu de fond qu’il changeait tous les deux ans et qui permet d’ailleurs de dater les photos.Seydou avait eu l’idée originale de mettre à la disposition des portraiturés des accessoires : Stylos, lunettes, costumes, sacs à main, vélo et même vespa et l’on comprend mieux alors pourquoi son studio était l’un des plus couru de Bamako!
Seydou nous livre une vision iconographique de l’identité africaine des années 70 où la tradition que l’on distingue notamment à travers les coiffures et vêtements des femmes, mais sur laquelle plane déjà le spectre de la modernité que l’on retrouvera d’ailleurs chez son acolyte Malick Sidibe.

J’ai eu un véritable coup de coeur pour les personnages de Goerge Lilanga (1934-2005) des sculptures un peu caricaturales qui mêlent les codes de la statue traditionnelle africaine(dont je ne suis vraiment pas fan) a des clins d’oeil au signes qui rythment la vie quotidienne de l’homme de rue africain. Ah si je pouvais faire l’acquisition de l’un de ces « Fat Urban People » !
N’hésitez pas à faire le tour de la bâtisse, car l’expo se poursuit en vitrines où l’on peut voir quelques photos d’Angele Etoundi Essamba, une photographe dont la femme est l’un des thème de prédilection que j’avais d’ailleurs découvert lors de l’exposition « Femmes dans les arts d’Afrique  » au musée Dapper il y a deux ans.

 La visite se poursuit à l’extérieur où les murs de la Samaritaine ont été habillés des photos de sapeur  de Brazzaville de Baudoin Mouanda dont on a beaucoup parlé récemment. Ces photographies avaient été exposées au musée Dapper cet hiver en introduction de l’exposition « L’art d’être un homme ».

A l’étage ceux qui le souhaitent peuvent découvrir plus concrètement les actions que Bono et Ali mènent en Afrique notamment au bénin et comment la marque Edun travaille avec les populations locales. Des photos et des vidéos mettent en scène des tranches de vie. Une bibliothèque en carton propose des livres d’art contemporain africain dont un qui a attiré mon attention… Ce jour là des jeunes étudiants avaient été conviés à un atelier de création de bijoux artisanaux.

Pour clore la visite notre hôte nous propose de découvrir la collection Edun et le défilé qui a eu lieu à New York en juin dernier ainsi que le sac Keepall 45 fruit de la collaboration entre Louis Vuitton et Edun.





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