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Cinéma

Black Swan de Darren Aronofsky ♥♥♥

Magnifique exercice d’équilibriste que nous offre Darren Aronofsky avec Black Swan !
Le concernant je n’avais vu que « The Fountain » et je ne suis absolument pas surprise qu’il ne fasse pas l’hunanimité…
En ce qui me concerne, j ‘ai trouvé ce film Passionnant sans pour autant éprouver la magnificence ressentie et exprimés par d’autres.

Entrons dans le vif du sujet : Ce film est incontestablement beau ou au moins intéressant pour qui n’est absolument pas sensible à l’univers de la danse et plus précisément du ballet.
Black Swan c’est l’histoire de Nina, une jeune femme/fille danseuse au sein du New York City ballet qui vit avec sa maman elle-même ancienne danseuse de ballet.
Toute la vie de Nina et par conséquent l’univers du film tourne autour de la danse et sa quête de la perfection va la mener vers une schizophrénie inconsciente…
Tout le monde connaît le pitch du film et donc en devine l’issue, mais le réalisateur parvient à maintenir le spectateur dans un état de tension presque fusionnel avec son heroine.

 Le chorégraphe Thomas Leroy (joué ici par un Vincent Cassel à mon grand regret-parce que je l’aime beaucoup-plus caricatural que charismatique) offre à Nina le premier rôle dans son adaptation du célèbre ballet « Le lac des Cygnes » : Il s’agit pour la  jeune danseuse d’interpréter le cygne blanc et le cygne noir son alter ego maléfique.
L’occasion parfaite pour Monsieur Aronofsky de nous entraîner dans le type d’imbroglio que l’on retrouvait déjà dans « The Fountain ».
Nina semble subir une mutation qui la fascine et l’effraie à la fois. Cette mutation la fascine car c’est notamment l’occasion pour elle de s’émanciper de la couveuse de sa mère castratrice. J’ai particulièrement aimé le personnage de la mère (très justement joué par Barbara Hershey) qui nous rappelle celui qu’elles campent souvent dans les contes  et qui est récurrent chez Disney via les frères Grimm (cf Raiponce).
La mère est celle qui sacrifie tout et ici sa propre carrière pour l’épanouissement de sa fille . Elle est également celle qui paradoxalement l’étouffe et l’empêche de prendre son envol.
Le réalisateur ne néglige absolument pas cette relation qui précipite Nina dans sa mutation en cygne noir seule issue pour échapper à cette femme dont le regard désapprobateur pèse constamment sur ses frêles épaules. Le seul contact que Nina a avec le monde extérieur, celui où la danse n’est pas question de vie ou de mort est sa mère. Chaque fois que son téléphone portable sonne, il s’agit de sa mère qui s’enquiert de son retour dans  le nid.
Cette relation dont le caractère presque incestueux est plusieurs fois suggéré par le réalisateur qui se garde bien de se mouiller laissant le spectateur à ses propres interprétations et fantasmes va voler en éclat avec l’irruption de Lily (Mila Kunis) pressentie pour jouer la doublure de Nina.
Lily est l’inverse de Nina : Une jeune femme sexy à la sexualité débridée qui puise son talent dans son imperfection.
Plutôt que d’affronter le démon qui l’habite et la fascine, Nina rend Lily responsable de la psychose de perdre le rôle ou de ne pas être à la hauteur qui s’est peu à peu emparée de son âme et don corps.
La relation Lily/nina fait à mon grand regret basculer le film dans une sorte de psychologie de comptoir comportant des scènes qui se veulent trash (homosexualité féminine et drogue) et affreusement cliché voir complètement dépassées au cinéma (la grande heure des « Teen Movie »).
Fort heureusement cette parenthèse est de courte durée et nous entrons de front dans ce qui m’a laissé sur ma faim : Le thriller fantastique, le côté sombre.
J’ai trouvé que la transformation, la mutation aurait pu être plus poussée. Certes, les scènes dans lesquelles Nina extrait de sa chair les signes de cette mutation sont saisissantes et peuvent même heurter la sensibilité de ceux pour qui le genre n’a pas vraiment les faveurs, mais pour moi cela reste gentillet et je m’attendais vraiment a une transformation visuelle complète, même de quelques secondes.
A ce stade du film, je me suis dit que j’aurais adoré lire cette histoire écrite pourquoi pas par un Stephen King ? J’aurais alors pu pleinement apprécier mots à mots toutes les étapes de cette pseudo mutation qui reste pour moi l’idée originale du film et qui le fait sortir du giron des films de Grand Auteur pour rejoindre celui des contes  de fées modernes chers à Tim Burton.
Cette carence est un peu justifiée à la fin du film où tout prend sens et surtout le thriller schizophrène un genre qui connaît au cinéma beaucoup d’appelés mais peu d’élus.
Je recommande si vous êtes adeptes du genre( Natalie Portman aura surement l’Oscar de la meilleure actrice donc à voir aussi), sinon zappez.
Photos © Twentieth Century Fox France

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11 Commentaires

  • Reply Mali rêve...

    bon je n'ai pas tout lu…j'avais trop peur de découvrir des trucs…je vais voir le film ce soir…mais bon, ton article tombe à pic, j'hésitais à y aller…
    bisous

    15 février 2011 at 13 01 19 02192
  • Reply D.

    @Mali 🙂

    15 février 2011 at 14 02 14 02142
  • Reply Emma

    Après quelques semaines loin de la blogosphère, je suis revenue vers ton blog ce matin et y ai passé un excellent moment. Toujours autant de chouettes découvertes à faire par ici, j'adore !
    Ta critique de Black Swan est très intéressante et très bien développée, arguments à l'appui !
    C'est un film que j'ai beaucoup aimé (je vais essayer d'écrire un petit billet pour jeudi), et que j'ai trouvé gonflé et ambitieux. Visuellement bluffant et psychologiquement troublant, bien entendu.
    A bientôt 🙂

    15 février 2011 at 19 07 48 02482
  • Reply Psycho

    extrait de sa chair les signes de cette mutation > les cygnes ??
    très bonne review, j'aime assez ta vision du film, j'en suis plutôt proche

    16 février 2011 at 0 12 58 02582
  • Reply D.

    @Emma : oui je guettais un peu ton retour, welcome back 🙂
    ça fait plaisir d'échanger sur un film aussi complexe que « Black Swan ».
    Ce film se prete parfaitement à l'exegese!
    D'ailleurs Elsiabeth Quin dans « sa balance à Paris » disait voir dans le prenom Nina l'espagnol « nina »(accent sur le « n »)qui signifie « l'enfant »…
    C'est dire a quel point Black Swan est une oeuvre plus complexe qu'il n'y parait…
    Bon j'attends ta chronique 🙂

    @Psycho:
    Bienvenue chez moi 🙂
    Je ne sais pas si tu as vu le film, mais bon vu que je déjà balancé pas mal de trucs….
    A un moment Nina semble extraire de l'extremite de ses doigts comme une plume noire…
    Puis les ailes qui semblent percer dans son dos, et la chair de poule…mAGNIFIQUE!!!!
    @bientôt

    16 février 2011 at 8 08 13 02132
  • Reply Emma

    Ah ! J'adore regarder « ça balance à Paris », tout en détestant les chroniqueurs d'être payés pour baigner dans la culture ! Le pied !
    Ce que dit E. Quin (qui m'agace prodigieusement, soit dit en passant)est intéressant, en effet. On sent bien par certains aspects que « Black Swan » est un récit initiatique, celui d'une jeune fille, bloquée dans l'enfance (par sa mère notamment), qui ne parvient pas à accéder au statut de femme. Ce qui explique aussi sa difficulté à incarner le cygne noir.
    Je te rejoins complètement sur la complexité de ce film qui est bien loin d'être un simple film « sur la danse ». Il est vraiment stimulant intellectuellement et appelle de looooongues discussions !
    Ma critique est programmée pour demain. Yeaaah !

    16 février 2011 at 12 12 44 02442
  • Reply Lionne

    Bon alors moi j'ai adoré, que j'ai trouvé esthétiquement sublime avec une photographie saisissante ! En plus d'être beau visuellement je l'ai trouvé étonnament « nourri », documenté, riche en références et en symboles ! Pour le reste je l'ai vraiment perçu comme toi. Quant à Vincent Cassel arf, je ne l'ai pas vu ou alors pas regardé, on va dire qu'il ne m'a pas vraiment captivé contrairement au personnage de la mère par exemple ou encore celui du de la jeune femme déchue du rôle éponyme.

    17 février 2011 at 0 12 35 02352
  • Reply D.

    @Emma : « ça balance à Paris » a été longtemps mon emission favorite 😀
    Du temps de Ruquier je trouvais néanmoins les chroniqueurs plus « mordants ».
    J'ai découvert recemment l'émission ciné de Quin et j'aime beaucoup car nous avons (souvent) la même vision des films^^(bah voyons)
    Sinon ouiii Nina est définitivement bloquée dans l'enfance, elle veut/doit « prendre son envol ».
    Ce film est vraiment très riche en symbole comme le dit La Lionne dans son commentaire.
    Un véritable sujet philosophique où tout le monde trouverait son compte:)

    17 février 2011 at 8 08 08 02082
  • Reply anais

    Pas vu (encore) le film…
    Cela dit quand tu as évoqué la transformation, j'ai tout de suite pensé Stephen KIng avant que tu ne le cites, et songé à « Rose Madder », un titre que j'ai lu il y a longtemps et que j'avais adoré !

    18 février 2011 at 18 06 27 02272
  • Reply My Little Discoveries

    Bonjour, je découvre ton blog via celui d'Emma! Ta critique est très intéressante, et l'histoire du prénom dans les commentaires aussi ;o) J'ai pour ma part aimé ce film sans qu'il me touche non plus outre mesure, et personnellement j'ai trouvé Vincent Cassel parfait dans le rôle du chorégraphe qui provoque ses danseuses pour en sortir le meilleur. Merci pour ton billet!

    18 février 2011 at 20 08 42 02422
  • Reply D.

    @Anais: Ahhhh tu me donne envie de relire S. King et surtout lire ceux que je n'ai pas lu comme celui-ci!

    @My little discoveries:
    Bienvenu(e)!
    J'ai pour ma part trouvé le rôle de Thomas (Vincent Cassel) bien écrit mais j'ai trouvé son jeu d'acteur un brin paresseux.

    18 février 2011 at 21 09 44 02442
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