Follow:
Cinéma

Cassel: l’instinct d’acteur


Trop de films m’ont déçu ces derniers temps, mais étrangement j’avais confiance en JFR(Jean-François Richet) sans pour autant avoir été transportée par « De l’amour« , ma dernière séance le concernant. J’avais un peu moins confiance en Vincent Cassel que j’avoue aimer plus pour sa « gueule cassée« , que pour ses prestations vite oubliées, hormis pour « La haine » et « Le pacte des loups« .
J’ai découvert Jacques Mesrine, dans une émission de télé consacrée aux grandes affaires judiciaires françaises. Je dois avouer que j’ai été fortement surprise par l’audace de ce type, multipliant les coups sanglants dignes de Clyde Barrow. Une audace et une insolence sans précédent de ce côté de l’atlantique. D’ailleurs certains commentateurs ne manqueront pas d’avancer que c’est cette défiance vis à vis des autorités qui lui vaudra de devenir l’ennemi public n°1, bien plus que ses frasques criminelles, banales dans le milieu du grand banditisme.
Mais voilà, Me(s)rine agace et ses actes révèlent une personnalité aussi barrée que le Mickey Knox d’Oliver Stone.
D’ailleurs j’aurais pu faire un portrait croisé « Tueurs nés »/ »Mesrine: l’instinct de mort », mais je préfère renvoyer Monsieur Stone à son W.! La prestation de Vincent Cassel ne dépasse pas celle du génialissime Woody Harrelson, mais niveau scénario, JFR coiffe l’américain au poteau.
Pourtant à l’image de l’histoire de son personnage, le projet Mesrine est une aventure à rebondissements. Au départ la presse nous avance le nom de Cassel, puis celui-ci se rétracte pour laisser la place à Benoît Magimel dont l’agent lui conseille de décliner l’offre et puis lorsque l’on aperçoit Vincent Cassel aux obsèque de son père, la silhouette étonnamment replète, à peine dissimulée sous un trench-coat, on se dit que cette fois c’est la bonne!
Et pas n’importe laquelle. Ceci est pour moi LA meilleure prestation de Vincent Cassel.
Il était pour moi « The man for the job« , taillé pour ce rôle borderline mais qui demandait comme tous les biopic une grande maîtrise pour ne pas tomber dans la caricature.
Il faut dire que le scénario est à la hauteur de son jeu (contrairement à celui de Coluche qui a desservi Demaison).
JFR prends le risque de diviser son projet en deux partie pour éviter l’effet fourre-tout d’un film sur la vie mouvementée d’un personnage public.
Bien entendu, il y a toujours des réfractaires à ce genre de projet, ceux qui craignent la « starisation » de celui que certains considèrent encore comme une ordure.
Oui mais le public n’est pas naïf, et de toute façon JFR évite cet écueil, grâce à un scénario brillamment maîtrisé où l’extrême violence cotoie les bon sentiments juste ce qu’il faut pour ne pas oublier que Mesrine aussi mauvais fut-il n’en demeurait pas moins homme.
Cette approche me rappelle les albums de Lucky Luke que je dévorais ado et dans lesquels Morris et Goscinny ne manquaient pas de « glamouriser » Calimity Jane, Jesse James et les bandits les plus sanglants de l’ouest!
C’est aussi pour ça qu’on va au cinéma bon sang de bon soir!

Après cette Ode sans précédent au scénario, je dois vous dire un petit mot du catsing juste parfait comptant la crème du film policier français (dois-je encore les citer?)
Un petit mot aussi sur le jeu inédit de Vincent Cassel: c’est la première fois que jene vois pas cette petite lueur espiègle et malicieuse de l’acteur qui s’amuse bien de ce rôle dont il a conscience d’être fait pour. Même lorsqu’il joue les foufous consanguin dans « Sheitan« , cette lueur dans l’oeil ne le quitte pas, ce qui a pu donner l’impression d’une monotonie dans son jeu.(une variante du sourire en coin de Denzel Washigton).
Avec Me(s)rine c’est une flamme de haine et de colère qui brille dans ses yeux dont le spectateur n’a de cesse d’en connaître l’origine mais surtout l’issue. C’est ce qui le tient en haleine.

Un tout petit bémol: la musique.
Pas assez « Cold Case » à mon goût. Vous savez cette série dont chaque épisode est rythmé par les morceaux musicaux qui ont marchés à l’époque des faits. C’est une démarche classique de la B.O du film d’action ou policier.

Bon inutile de vous dire que j’attends la suite avec impatience!

Partager
Plus Ancien Plus Récent

Vous aimerez aussi

2 Commentaires

  • Reply nubiennes

    J’aurai bien aimé tout voir d’un trait .C’est comme « death proof » c’est quand ils vont nous pondre la suite je m’impatiente ^0^ .

    10 novembre 2008 at 21 09 18 111811
  • Reply D.

    C’est vrai que Boulevard de la mort était issue d’une à l’origine une trilogie. Mais je crois que justement c’etait le second volet. J’ai pas vu le premier ou je confond mais du coups est-ce que les trois volets sont liés?

    12 novembre 2008 at 11 11 14 111411
  • Laisser un commentaire