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Commencement de preuve par écrit

Dès ma première année de fac, j’ai été séduite par l’origine latine ou grecque des mots et les adages à qui mieux mieux.
Je notais absolument tout et mes cours étaient particulièrement prisés de mes camarades absentéistes pour leur qualité calligraphique.

Toujours surprise par la tenue de mes cahiers, ma soeur m’a toujours soupçonné de traiter l’écriture comme une forme de dessin…
Dessiner me demande un effort de concentration énorme que je suis trop rarement en mesure de fournir, alors l’écriture pour moi c’est la liberté!
Il y a quelques semaines en parcourant les pages expo de l’officiel, un titre m’intrigue: « Écritures Silencieuses ». Cet oxymore m’intrigue, jusqu’à ce que je me rende à l’espace LV.

expo écritures silencieuses

Tout a commencé à l’îles de Pâques avec la découverte par un missionnaire à la fin du 19e siècle, de mystérieuses tablettes sur lesquelles se découpent une multitude de signes. Elles furent baptisées Rongo Rongo et sont associées depuis lors à l’idendité des habitants de l’Ile. Les historiens situent leur réalisation entre le 17e et le 18e siècle, mais impossible de les déchiffrer. Conservées au Musée du Vatican depuis 1925 ces tablettes sont demeurées « silencieuses ».

Louis Vuitton soutenant la Fondation Rapa Nui (le nom Polynésien de L’Ile de Pâques) qui aide à la protection du patrimoine et de l’héritage Rapa Nui.

L’exposition du même nom réuni donc autour de ces « écritures silencieuses » les oeuvres de 15 artistes contemporains travaillant autour des notions d’empreinte, de trace et même de message.
Cela donne une exposition plutôt dynamique et surprenante par la diversité des œuvres qui sont proposées et qui semble mettre en équilibre le symbolique et le sens véritable des mots.

Comme cette oeuvre de Charles Sandison(le même qui avait illuminé en décembre 2008 la façade du Grand Palais de phrase issues de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, pour marquer la fin de la présidence française de l’Europe)qui fait apparaître des mots et des phrases de façon aléatoire pour donner l’effet d’une sorte de mosaique numérique.

photos mai 167

photos mai 168

Le travail du duo Wade Guyton et Kelley Walker se compose de toiles de lin de grand format passées et repassées dans de très grandes imprimantes jet d’encre sur lesquelles s’impriment des motifs et des grandes lettres colorées laissant volontairement apparaître les défauts, les erreurs, éraflures et salissures…
Les toiles posées à même le sol derrière les pots de peinture donnent une impression d’inachevé qui tranche un peu avec le reste des oeuvres à la mise en scène plutôt maîtrisée.

Alors que les États-Unis au travers de Barack Obama, entendent enfin s’interroger sur la légitimité de Guantanamo , il peut être intéressant de s’arrêter sur l’ouvre de Jenny Holzer qui met en scène des lettres censurées écrites par les prisonniers.

Quand à Joseph Kosuth, il met en lumière la qualité artistique intrinsèque du mot illustrée par une simple définition du dictionnaire et photographie les bibliothèques d’auteurs du 20e siècle(dont Simone de Beauvoir) dont il met en lumière le contenu en y apposant une de leurs citations.

Cette impressionnante installation de l’épaisseur d’une bibliothèque que l’on peut contourner(4x6mètres, et 60cm d’épaisseur) de Ni Haifeng est en réalité un écran, mais il faut sans doute visiter l’expo de nuit pour visualiser ce qui y est projeté.

Nous sommes également restés de longues minutes assises dans la rotonde dans laquelle était projetée l’œuvre de Barbara Kruger : des citations d’auteurs célèbres sont projetées au mur et des lettres disparaissent peu à peu pour laisser la place à d’autre phrases qui donnent tout autant à réfléchir ou interpellent.

A l’issue de votre visite vous vous verrez remettre un catalogue de l’exposition (gratuit)comme on en fait trop rarement : Toutes les œuvres exposées y sont décrites de manière très développée, et on peut également y apprendre de nombreuses choses sur l’écriture et sur la civilisation Rapa Nui.

L’exposition dont l’entrée est gratuite se déroule jusqu’au 23 août à l’Espace Culturel Louis Vuitton à Paris.

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1 Commentaire

  • Reply Anonymous

    Merci passionnant ! Sunny Side

    20 mai 2009 at 12 12 34 05345
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