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Crimes et Châtiments au Musée d’Orsay

Je ne pourrai pas vous dire d’où me vient cette fascination pour la chose criminelle, mais je sais qu’elle n’est pas étrangère aux études que j’ai suivi. Apprendre à le punir était pour moi le meilleur moyen d’être en contact avec le crime…
Au départ comme pour la plupart des gens il s’agissait d’une simple attraction que je mettais sur le compte d’une curiosité malsaine propre au genre humain(ou pas).
Et puis il y a eu à 16 ans la découverte de Stephen King et de son univers macabre ou les scènes de crimes sont aussi bien décrites que le ferait un amateur d’histoire de l’art pour une toile de maître.
Jusque là, seule la télévision m’avais permis d’assouvir mes besoins d’angoisse et d’hémoglobine.
Mais quelle télévision!
« Alfred Hitchcock Présente » fut pour moi le précurseur et l’inventeur du genre qui cartonne aujourd’hui avec des séries telles que Cold Case, Esprits Criminels ou la petite dernière Lie to Me.
La série diffusée courant des années 90 proposait des épisodes de 26 minutes en noir et blanc dont les scénarios traitaient de toutes les écoles du crime, avec une prédilection pour le crime familial ou de voisinage (l’essentiel de la série étant tourné en studio) .
Une sorte d’Agatha Christie télévisée et stylisée !
La silhouette d’Hitchcock apparaissait en ombre chinoise au début et à la fin de chaque histoire pour le présenter puis délivrer sa morale tel un oracle.
Des grands noms du cinéma tels que Robert Altman, Sydney Pollack ou Arthur Hiller ont réalisé quelques épisodes, et des grands acteurs tels que Charles Bronson, Bette Davis, Peter Falk, Steve McQueen, Roger Moore, Kim Novak, Robert Redford, Burt Reynolds ou Martin Sheen y ont également fait des apparitions !
C’est vous dire le sérieux avec lequel était traité le genre à l’époque.
La série a d’ailleurs reçu en 1958 le Golden Globe de la meilleure série.

J’ai également eu ma période « Le nouveau détective » jusqu’à ce que la lecture hebdomadaire de ce qui se fait de pire en matière de crime au coin de la rue me plonge dans une paranoïa un chouïa handicapante(impossible de descendre ma poubelle après 18h !) qui me contraint à abandonner. Beaucoup de personnes pensent encore que la moitié des histoires qui sont relatées dans ce journal sont fictives, mais je peux vous assurer qu’elles sont bien réelles et pour s’en convaincre il suffit de remonter le temps pour se retrouver à l’époque où la télévision n’existait pas, et la photographie de scènes de crimes interdite.
Le journal fut alors un des premiers à relater avec force de détails et de dessins de presses, les crimes du quotidien.
Les journaux et magazines faisaient alors appel à des illustrateurs dont beaucoup ont fait du fait divers crapuleux leur spécialité.
Le crime a toujours fasciné les artistes de tout temps et de disciplines aussi diverses que la peinture, le dessin, la sculpture ou la photographie. De Gericault à Goya, en passant par Victor Hugo ou Andy Warhol, « La transgression de l’interdit obsède les artistes. Une dimension terrible et secrète qui se révèle lors du crime. » affirme Robert Badinter qui est à l’initiative de l’exposition « Crimes et Châtiments » qui se déroule actuellement au musée d’Orsay.
Une exposition vraiment intéressante où se rencontrent de façon inédite l’art,la littérature (le titre de l’expo « crimes et châtiments » est tiré d’un roman de Dostoiewski paru en 1866), le droit et la politique.
L’exposition démarre au lendemain de la révolution française, et s’achève de façon symbolique avec l’abolition de la peine de mort en France en 1981.
Elle a le génie de mêler aussi bien des œuvres classiques que contemporaines, ainsi que des installations impressionnantes comme cette véritable porte de prison sur laquelle les prisonniers ont écrit et même une guillotine ! La faible utilisation qui en a été faite dans l’histoire n’atténue d’ailleurs en rien l’impression de terreur qui se dégage de cet objet.
L’exposition traite essentiellement du crime individuel et laisse de côté les crimes de guerre que sont les génocides ou la Shoa (seule une toile fait référence à Hitler)
Une exposition en apparence courte, mais tellement riche qu’il vous faudra y consacrer plusieurs heures pour en venir à bout.
Nous y sommes allés en nocturne un jeudi et le musée à du littéralement pousser les visiteurs vers la sortie, tant les œuvres sont captivantes et surtout riches d’enseignements.
L’exposition « Crimes et Châtiment » se tient au musée d’Orsay jusqu’au 27 juin.
Je vous conseil si vous en avez la possibilité de prendre l’audio guide et si comme moi vous souhaitez aller plus loin, je ne peux que vous recommander le hors série Télérama traitant du sujet. Et puis si vous n’avez jamais vu Alfred Hitchcok présente, vous savez ce qu’il vous reste à faire!
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1 Commentaire

  • Reply Francette

    Très bel article, bien documenté, bien illustré et somme toute, assez personnel. Bravo.

    26 juin 2013 at 16 04 58 06586
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