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Sorties

Frida Y Su Mundo

Je disais donc que j’étais tombée amoureuse de Brussels à la faveur de cette expositon : Frida Kahlo Y Su Mundo .
Il s’agissait de l’un des évenements majeur d’une série de manifestations qui ont débutées le 11 février au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (dit Bozar) en hommage au mexique qui célèbre cette année ses 200 ans d’indépendance, mais aussi ses 100 ans de Revolution.
Ce sont donc tenues au BOZAR, les expositions Imagenes  del Mexicano, ou 5.000 ans d’histoire en 150 portraits, Mundos Mexicanos, ou  le Mexique vu par 25 photographes contemporains, El Horizonte Del Topo (art  contemporain) et Le visage moderniste du Mexique (architecture), ainsi que les concerts de Mexico on stage.
Mais de toutes ces manifestation,  l’exposition consacrée à Frida Kahlo est sans doute celle qui a remporté le plus grand succès.

 La clotûre de l’exposition étant imminente mais le nombre de visiteurs ne diminuant pas, pour ce dernier week-end le musée a du prendre des mesures exceptionnelles qui je dois l’avouer m’ont donné des sueurs froides.
Samedi matin à l’ouverture du musée, me voilà toute excitée de pouvoir (enfin!) admirer des toiles que je connais quasiment par coeur, quand on nous annonce qu’il faut prendre rendez-vous à partir de 20 heures et que l’entrée est limitée à 150 visiteurs par heure !
Beaucoup venus comme nous pour quelques jours de toute l’Europe, n’auront pas l’occasion de voir l’exposition pour cause de Thalys ou d’Eurostar à reprendre.
Enfin nous avons une heure précise de rendez-vous :21h.
L’exposition Frida Y Su Mundo présentait dix-neuf toiles (une eau forte et six dessins) prêtées par le Museo Dolores Olmedo de Mexico, qui détient la plus grande collection privée d’oeuvres de Frida Kahlo.
Pour la petite histoire, Magdalen Carmen Frida kahlo Calderon naît le 6 juillet 1907 dans le quartier de Coyocan au sud de Mexico.
Son père Wilhelm Kahlo est d’origine allemande et sa mère Mathilde Calderón est mexicaine d’origine indienne.
Par coquetterie elle affirmera être née en 1910, mais aussi parce que 1910 etait l’année de la Révolution mexicaine .
A 6 ans elle est atteinte d’une poliomyélite qui lui laissera une jambe droite atrophiée et plus courte la faisant boiter.
Elle mène malgré tout l’enfance classique d’une fille de classe moyenne et à 15 ans entame des études de médecine.
Malheureusement ses rêves volent en éclat lorsque en 1925 le bus dans lequel elle se trouve en compagnie de son petit ami Alejandro est percuté par un tramway.
Ce terriblement accident marquera a jamais son corps de blessures et de séquelles qu’elle portera durant le reste de sa vie.
el camion(le bus), 1929
Frida peint cette toile l’année de son mariage, pratiquement 4 ans après son terrible accident..
Cette toile immortalise les derniers moment d’une vie insouciante. Sur le banc du bus ont peut voir des représentants de diverses couches de la société mexicaine. Dans le biopic « Frida » par Julie Taymor (2002) , on pouvait d’ailleurs voir l’actrice jouée par Salma Hayek laisser sa place à l’indienne portant un bébé. Dans cette toile elle lui donne la place d’honneur, ce qui illustre très bien ses idées politiques.

Son accident marque aussi la naissance de l’artiste, car elle se connaissait des aptitudes à la peinture et à l’art en général notamment grâce à son père photographe qui la chargeait des retouches, mais c’est lorsqu’elle se retrouve clouée sur le lit de sa chambre (un lit à baldaquin  au dessus duquel elle avait fini par installer un miroir et qui est très présent dans sa peinture) plâtrée des genoux à la poitrine qu’ elle devient son propre sujet de contemplation artistique.

Frida développe alors une connaissance de soi exceptionnelle qui lui servira par ailleurs de philosophie pour l’aider à traverser les difficiles étapes de sa vie.
Toutes ces étapes font l’objet de peintures qui sont présentées lors de l’exposition .

Son état s’améliore et elle peut entamer une vie de femme quasi normale.  En 1929, elle épouse Diego Rivera qui est déjà un artiste de renommée international.

Frida Kalho et Diego Rivera « Photo de mariage » en 1929
Salma Hayek et Alfred Molina(qui avait prit 25 kilos pour se glisser dans les traits de Diego Rivera) magistraux dans le Biopic « Frida » de Julie Taymor.
Frida connaissait déjà Diego et surtout son travail avant même de l’épouser et c’est littéralement de l’artiste qu’elle est tombée amoureuse. Diego et Frida vivent un mariage tumultueux  à cause des nombreuses infidélités de Diego que Frida supporte tant bien que mal. Mais elle nourrit un autre rêve: la maternité.
Un rêve qui sera rapidement brisé par les nombreuses fausses couches de Frida dont le corps avait été tellement endommagé par l’accident et les nombreuses opérations qui ont suivi (elle dira elle-même : « mon corps est un puzzle ») qu’il ne peut pas supporter une grossesse.
Une blessure qui sera plus difficile à supporter que ses handicap et son infirmité qu’elle réussissait à cacher en portant de longues robes mexicaines hautes en couleur.
Hospital Henry Ford, 1932
Diego disait de Frida  qu’elle était : » La première femme dans l’histoire de l’art à avoir repris, avec  une sincérité absolue et impitoyable, les thèmes généraux et particuliers qui concernent exclusivement les femmes ».

Une vie qui fut ponctuée par d’atroces douleurs: Tout au long de sa vie elle aura porté pratiquement trente corsets différents …

La columna rota, 1944
L’une des œuvres les plus connues de Frida. Peinte à une époque où elle était prisonnière d’un corset en acier qu’elle a dû porter pendant cinq mois !
L’écriture occupait également une place majeure dans la vie de Frida.
Pendant les six dernières années de sa vie elle a tenu un journal dans lequel elle consigne des dessins et des poèmes quasi surréalistes mais aussi des textes témoignant de l’amour inconditionnel qu’elle porte à Diego même si ce dernier ne lui a pas rendu la vie facile.
On la voit vers la fin du film rédiger son journal dont ont peut aperçevoir les pages aux couleurs chatoyantes.
Des années après sa mort lorsque le contenu de celui-ci est rendu publique, l’on constate que Frida était devenue accroc à l’alcool et aux médicaments et que les thèmes de la perte, de la mutilation et de la mort y sont omniprésents malgres la bonne humeur qu’elle affichait constamment en public. On comprend mieux alors le sens de ce portrait où l’on devine Frida cachée derrière un masque de tristesse.
la mascara(de la locura),1945
Je ne pourrais pas vous parler de toutes les toiles que les visiteurs de l’exposition ont pu approcher  et admirer la technique et les coloris quasi originels utilisés par l’artiste, mais ce que je peux vous dire, c’est que l’exposition a rendu un brillant hommage à cet artiste.
La salle de l’exposition qui se trouvait un peu en sous soul m’a rappelé celle du film où Frida peut enfin exposer ses œuvres dans son propre pays. Exposition à laquelle elle assistera de son lit à baldaquin et parée de ses plus beaux habits.
Ce soir là aux Bozar, on pouvait presque sentir l’âme de Frida Kahlo qui nous a quitté le 13 juillet 1954 et qui avait déclaré ne jamais vouloir revenir…
Je suis vraiment contente d’avoir pu assister à cette exposition car Frida Kahlo que j’ai reelement découvert à travers la biographie de Hayden Herrera est depuis l’une de mes idoles.
L’exposition a su rester intimiste pour laisser une véritable place au travail de l’artiste qui passe trop souvent après sa légende.
Car effectivement Frida était une sacrée bonne femme au physique atypique qui a su laisser son empreinte dans une société dirigée par les hommes et dont les codes étaient définis par avance.
Frida a toujours combattu ce fatalisme en se comportant souvent  d’ailleurs comme un homme( se travestissant régulièrement , on lui connait même plusieurs aventures avec des femmes dont Joséphine Baker lors de son passage à paris) et au delà de cela, combattant son propre fatalisme.
 Comme pour mes autres idoles féminines,  c’est ce courage et cette sincérité qui m’ont séduit chez Frida.
«Je n’ai jamais peint mes rêves, dit-elle, j’ai peint ma réalité.»
Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de voir l’expo et si ce n’est pas déjà fait, je vous recommande vivement le biopic dont j’ai truffé ce post de photo.
Réalisé par Julie Taymor (« Le Roi Lion) en 2002, il est largement inspiré de la biographie de Hayden Herrera, « Frida ».
C’est Salma Hayek qui incarne avec brio l’artiste (alors que les noms de Jennifer Lopez et même Madonna avait été avancés! lol). L’actrice elle même d’origine mexicaine se fond littéralement dans la peau de la peintre et déclarera au journal Libération en 2003 qu’il s’agissait pour elle d’un défi personnel. C’est sans surprise qu’elle est nommée la même année aux Oscars dans la catégorie meilleure actrice. Une belle récompense pour l’actrice qui a en partie financé le film et dont elle dira plus tard qu’elle n’en a tiré aucun bénéfice financier.
Son gain est plus grand: Première actrice mexicaine en 75 ans à se retrouver nommée pour une récompense à Hollywood.
Je m’arrête là parce que tout ceci me donne vraiment envie d’aller marcher moi aussi sur les traces de Frida…
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1 Commentaire

  • Reply Luna

    je n'ai pas les mots ton article est fort en émotions..ça me retourne

    10 juin 2011 at 13 01 57 06576
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