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Harlem Renaissance

© Paul Natkin, 1983

© Paul Natkin, 1983

Harlem Renaissance: Art of Black America

Rien à voir avec Miles ou si un peu quand même…

C’est qu’entre 1919 et 1929 comme l’ecrit le poète Langston Hughes, « Harlem est en vogue »!
Peintres et sculpteurs se joignent à leurs amis poètes, ecrivains, musiciens et comédiens pour donner naissance au « Harlem Renaissance » et l’on parle alors d’Harlem comme de la capitale internationale de la culture noire.
Harlem devient dès lors une sorte de « place to be » où il est bon de se produire.
Pour autant ce « mouvement » a son lot de détracteurs, entre ceux qui le trouve beaucoup trop consensuel pour etre porteur de changements durables et les partisans de l’ouverture qui craignent l’enfermement dans un communautarisme primaire.

Et pourtant ce mouvement révèle des personnalités telles que Zora Neale Hurston(« There eyes were watching god« ) considérée aujourd’hui comme une des pionnière de la littérature noire américaine mais néanmoins méconnue du grand public comme beaucoup d’autres artistes au talent incontesté.

S’aidant de travaux universitaires et de petites expositions locales le « Studio Museum in Harlem » a conçu cet ouvrage qui comprend pas moins d’une centaine d’oeuvres comme un recueil réunissant les artistes les plus influents de l’époque tels que le sculpteur Meta Warrick Fuller, les peintres Aaron Douglas, Palmer Hayden, William H.Johnson et le photographe James Der Zee.
Les années 20 sont alors une période charnière dans l’art noir américain et se caractérisent par une immense créativité.
Les oeuvres choisies soulèvent à la fois des questions identitaires mais également sociales qui rappelent que l’art est un moyen d’expression et de dénonciation .
La majorité des artistes noirs qui émergent sont représentés par une organisation philanthropique « The Harmon Foundation » qui organise des concours de talents exclusivement réservés aux artistes noires. Les soutiens privés à ces artistes disparaîtront d’ailleurs vers 1930 en même temps que la fondation.

Des lors les artistes ne bénéficient plus que d’une visibilité réduite et les oeuvres se retrouvent entre les mains des amis et des familles.
Il faudra attendre la fin des années 60 pour que les protagonistes du mouvement des droits civiques appellent les artistes à rejoindre leurs rangs. L’art d’ Harlem réapparaît alors dans les musées (The Fledging Museum of Modern Art and the Whitney Museum of American Art).
Avant la « Harlem Renaissance » la peinture ou la sculpture n’étaient pas des disciplines qu’un noir pouvait envisager à titre professionnel.
Le contexte social particulièrement violent empêchait de toute façon toute projection durable dans l’avenir…

Je ne vais pas vous faire l’histoire d' »Harlem Renaissance »,le mieux est encore d’acquerir l’ouvrage disponible sur Amazon et dans lequel vous trouverez ce qui se faisait de mieux en matière d’art.
je vous parle de cet ouvrage que j’ai découvert l’année dernière parce que les photos de l’expo Miles Davis que j’ai entrevu ça et là m’ont rappelé ce mouvement.
Cette période faste pour la culture noire voit l’essor d’un genre musical né à la fin du 20ième siècle d’un mélange de musique noires et qui quittant Chicago dans les années 30 s’épanouit completement à Harlem: Le Jazz.
J’aurais du etre initiée au Jazz depuis ma plus tendre enfance où Duke Ellington, Cole Porter ou Lester Young s’introduisait régulièrement dans notre salon mais pourtant je prêtais une oreille distraite à ces sonorités.
Je pensais que même à l’écoute le jazz nécessitait de la rigueur et une concentration qui me faisaient défaut jusqu’à ce que je le retrouve dans mes lectures et en particulier « L’écume des jours » qui vous met à proprement parler le jazz à l’oreille.
Mais si le Jazz n’a jamais été pour moi une musique entêtentante, il a toujours été le lieu d’un esthétisme singulier que je recherche un peu partout(la mode, la déco, la littérature) depuis des années comme une réminiscence de cette atmosphère de mon enfance.
Et si je n’allais pas à l’expo Miles Davis avec une mélodie particulière en tête, je savais qu’il avait été élu vers 1960 l’homme le mieux habillé de l’année par le magazine GQ!

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Miles Davis, cet homme qui n’a jamais cédé aux sirènes de « l’intégration » en refusant d’adapter sa musique à son auditoire majoritairement blanc, celui là même qui se manifestait régulièrement par des prises de position politiques non équivoques devient paradoxalement l’un des premiers jazzmen à se faire connaitre et accepter par l’Amerique blanche.

J’aime a penser l’histoire en image et je profite de ce post et du fait que tout le monde connait désormais Zoe Saldana (héroïne du film Avatar) pour partager avec vous cette série de photo du photographe Michael Roberts pour Vanity Fair publiée sur leur site en août 2009 et rendant un hommage gracieux au Harlem Jazzy de l’époque de ses légendes.

Une série juste belle comme je les aime et follement inspirante.

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Vous pouvez lire l’article de Krista Smith sur Zoe Saldana sur le site.

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