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Lecture

«Je ne veux pas gagner ma vie, je l’ai.»

J’ai souvent entendu parler de ce roman, mais impossible de me souvenir si je l’avais lu ou pas. En le lisant j’ai réalisé que je ne l’avais pas lu, sinon je m’en souviendrais.
En fait je l’ai souvent vu traîner chez mes parents car il a souvent été au programme des œuvres scolaires (famille nombreuses de littéraires oblige). Celui-ci, que j’ai retrouvé dans la bibliothèque de ma sœur porte sur la page de garde le nom de ma tante et la date de 1989. Je suis quasi certaine que si j’avais du lire ce livre au lycée, je serais passée à côté comme toutes les œuvres que j’ai découvert dans ses conditions (Lancelot ou le Chevalier à la charrette, etc.) à quelques exceptions près (Cahier d’un retour au pays natal, Germinal, Les fondements de la métaphysique des mœurs).
C’est que l’écume des jours prend des libertés avec les mots que je n’étais pas alors prête à savourer, éprise de rhétorique et de mots justes. Avec Vian je réalise que ce détachement n’est en rien un désamour et qu’il suppose même une connaissance encyclopédique de la langue(comme peut l’avoir Amélie Nothomb).
Chez moi on a coutume de dire pour se délivrer d’un lapsus ou d’une faute de langage, « le français est élastique, chacun tire de son côté ». L’écume des jours c’est tout à fait ça. Boris Vian utilise les mots comme Gondry les images : il leur donne sens. Les deux auteurs, l’un cinéaste l’autre écrivain ont en commun leur vision un peu fantasmagorique du monde, mais tout de même réaliste. L’écume des jours ou comment dénoncer avec fantaisie les horreurs et l’injustice de ce monde avec en toile de fond une histoire d’amour belle et éphémère. Vous croiserez dans l’écume des jours beaucoup de fleurs, mais ne vous-y trompez-pas, il ne s’agit pas d’un roman à l’eau de rose. Comme Zola avant lui, Vian accuse, comme chez son camarade Sartre qui sous sa plume devient Jean Sol Patre, ses personnages sont confrontés à des choix éthiques, amoureux, et politiques. L’issue tragique du roman nous rappelle que l’écriture c’est avant tout la vie, pas le paradis. C’est la raison pour laquelle je serais sans doute passée à côté durant mes années lycée. ..

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7 Commentaires

  • Reply Oriane

    Je ne l’ai pas lu non plus, mais tu m’as donné envie. Comme toi (j’ai fait littéraire), je suis passée à côté de toutes les lectures que l’on m’a imposées, à l’exception de « La chute » de Camus. L’explication de ce livre m’a ouvert les yeux sur tout ce qui se cache derrière les mots.

    24 octobre 2008 at 14 02 27 102710
  • Reply D.

    Oui « la chute »,en terminal, mais c’était trop bref. Je vais le relire tiens, j’ai bien aimé l’hitsoire de duplicité à la fin avec la métaphore de Dante.

    24 octobre 2008 at 14 02 35 103510
  • Reply donutsbaby

    Je l’ai lu cet été, et c’est vraiment un JOLI livre, c’est ça qu’il faut dire, c’est du jazz avec des mots (avec toutes ses références etc) de la douceur, je sais pas y’a tout dedans, et c’est beau.

    24 octobre 2008 at 16 04 54 105410
  • Reply nubiennes

    Cette semaine j’étais en train de lire « ces souvenirs qui nous gouvernent  » de patrick estrade très intéressant .Ce livre m’a fait me plonger dans mes souvenirs qui sont revenue à travers les récits d’autres souvenirs d’autres personnes qui parsèment ce livre .

    25 octobre 2008 at 19 07 08 100810
  • Reply Glouglou

    Est-ce que tu saurais par hasard si cette citation « Je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai. » est tirée du livre que tu présentes? Sinon saurais-tu d'ou elle est tirée?

    9 mars 2010 at 10 10 12 03123
  • Reply D.

    Bonjour Glouglou,

    Cette citation est tiree de l'ecume des jours, c'est une phrase mythique qui traduit bien la personnalite du heros du livre.

    9 mars 2010 at 10 10 44 03443
  • Reply Glouglou

    Merci beaucoup!

    9 mars 2010 at 11 11 15 03153
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