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Voyages

La vie de Quat

Le Quat (prononcez « Kwat »), c’est ainsi que l’on appelle le quartier au Cameroun.

L’afflux massif de populations des villages vers les grandes villles ces dernières années a conduit à une certaine homogénéisation des différents quartiers de la ville. Alors que chacun avait ses spécificités, aujourd’hui, hormis certains quartiers huppés, les zones avoisinant le centre ville et quelques quartiers comme celui de la cité verte ou de la briqueterie, tous les quartiers ont à peu près la même physionomie.

A l’intérieur, la vie s’organise autour des commerces de proximités vendant essentiellement des denrées alimentaires locales. La société de consommation se développant aussi rapidement que la démographie à Yaoundé, les vendeurs à la sauvette se sont peu à peu éloignés du centre ville et des grands marché, pour sillonner les quartier, portant sur la tête tantôt de quoi grignoter, tantôt de quoi déjeuner ou même se vêtir.

C’est ainsi que dans certains quartiers de la ville, des marchés informels ont vu le jour et les commerces bâtis en dur avec des normes architecturale plus ou moins correctes ont vu pousser à côtés d’eux comme des champignons des cabanons faits de planches et de tôle qui abritent selon les besoins, une petite épicerie ou un salon de coiffure. Ceux qui n’ont pas les moyens de louer ces « locaux » pour le moins rudimentaires, se contentent d’un banc et d’un parasol sur les branches duquel ils peuvent entreposer des cigarettes, des cartes téléphoniques … des condoms (au Cameroun on ne dit pas préservatif ) etc.

Le commerce le plus prépondérant au Quat et sans doute le plus florissant est le bar. Alimenté tous les jours par les Brasseries du Cameroun, on y trouve des bières de fabrication locales, quelques références internationales et des softs locaux comme les sodas ultra sucrés et bourrés de colorants TOP (grenadine, citron, orange, champagne, ananas) ou Djino cocktail de fruits (Mon favoris lorsque j’étais plus jeune mais aujourd’hui le taux de sucre a du doubler tant il est devenu sirupeux). Il y servent aussi les classiques de Coca Cola Compagnie.

Plutôt discrets le jour, le bar et ses fidèles s’anime dès que le soleil rejoint sa tanière. Les bouteilles claques, la musique Bikusti résonne dans des baffles et certains habitués ont la hardiesse s’esquisser quelques pas de danses. Tout cela est plutôt enfant, il est extrêmement rare que ça tourne au vinaigre. Le bar est avant tout un lieu de rassemblement.

A proximité du bar se trouve très souvent la vendeuse de Poisson braisé et celle de beignets. Assises sur leur petits tabourets, elles s’affairent à l’aide d’éventails autour du petit réchaud destiné à accueillir tantôt une grille pour cuir au charbons ardents les morceaux de maquereau qui ont marinés toute la journée dans des aromates et l’indispensable cube Maggi; tantôt une friteuse en alu qui cajole les ronds de pâte à beignets que la femme dépose délicatement dans l’huile sans jamais se brûler. Elles sont ultra concentrées, donc le temps d’attente est plutôt raisonnable. Mais de temps à autre elles se laissent distraire par un client un peu éméché. Si c’est votre tour d’être servi, vous pouvez les rappeler efficacement à l’ordre par un « Asso c’est comment non ? ».

Il existe  trois types de transports en commun pour circuler à Yaoundé : les taxis, les motos-taxi et le bus. Ce dernier moyen est encore à l’état très empirique. Les taxis sont nombreux et les normes de sécurité étant quasiment inexistantes, si on est prudent et si l’on souhaite un peu de confort, il vaut mieux prendre une « course ». Le taxi vous dépose alors à la destination que vous lui avez indiqué sans prendre d’autres clients (comme ici). Cela a bien entendu un coût que vous fixerez avec le chauffeur : le client « propose » et le chauffeur dispose…Ou pas. Sinon le tarif réglementaire minimum est de 200 FCFA.

Les motos-taxis sont moins chers et a donc prisés des petites bourses. Présents uniquement dans quelques villes du Cameroun au départ, leur nombre a littéralement explosé (démographie oblige), au point que les autorités leur ont interdit l’accès du centre ville.  Il faut tout de même être un brin habitué de la chose ou casse-cou pour s’y aventurer, certains allant même jusqu’à prendre deux passagers.

Les Quat étant de plus en plus peuplé, les échanges entre les individus sont devenus au fil du temps quasi exclusivement commerciaux.

De plus le fossé entre les très riches et les très pauvres s’étant considérablement creusé, il est fréquent que de véritables châteaux côtoient des maisonnettes en terre battue proches de la ruine. Vous conviendrez que cela ne favorise pas les échanges.

Je pense que c’est la chose qui me peine le plus dans cette ville où il y a encore tant de choses à faire pour le mieux vivre ensemble. En attendant que les choses ailles mieux, la vie suit son cours dans les rues de Yaoundé, lentement, mais surement.

La prochaine fois je vous parlerai de Yaoundé la capitale, en partant du centre ville et ses principales artères. Vous verrez, c’est passionnant 🙂

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2 Commentaires

  • Reply saavaane

    Toute ça me rappel de bons souvenirs de ma chère Côte d’Ivoire <3<3<3

    4 juillet 2012 at 12 12 10 07107
    • Reply D.

      Je veux bien le croire 🙂

      5 juillet 2012 at 21 09 30 07307

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