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Cinéma

Mais pourquoi sont-ils si méchants ?

Pour moi le cinéma c’est un peu comme cette citation d’Hitchcock :  

« Demander à un homme qui raconte des histoires de tenir compte de la vraisemblance me paraît aussi ridicule que de demander à un peintre figuratif de représenter les choses avec exactitude. »

Peu importe la proposition que le scénariste fait, l’important est qu’elle soit défendue caméra au point par le réalisateur.
Cette proposition peut aussi bien être le fruit de l’imagination dudit scénariste(« Un prophète »), d’une interprétation très personnelle de l’imaginaire populaire( « Le ruban blanc »), d’une retranscription (« Bronson ») ou même d’un travestissement de l’Histoire (« Inglourious Basterds »).
Ces films sont complètement différents les uns des autres mais ont en commun de faire preuve d’une certaine violence dans la démonstration(Qu’elle soit juste suggérée ou exacerbée) et d’une qualité de mise en scène jamais contestée.
Peu importe que cela soit ou non plausible, l’important est que le spectateur puisse se dire l’espace d’un instant « Et si c’était vrai ? »
Cette petite phrase qui traverse notre esprit à la vitesse du son c’est aussi ce qui fait rentrer un film dans les annales du cinéma du genre qu’il charrie.
Ceci est moins vrai pour le cinéma d’auteur, mais pour le cinéma fantastique c’est pour moi le critère premier, aussi subjectif que difficile à appréhender.
Il est difficile de faire un film avec des enfants ou des ados en sortant des sentiers battus.
Disons que c’est un gros, gros risque à prendre et que 7 fois sur 10 cela suscite la controverse.
Demandez à Stanley Kubrick si il n’a pas réfléchi à deux fois en visionnant les rush de « Lolita » ou a Larry Clark celles de « Kids ». Deux oeuvres tellement controversées mais tellement indispensables. Comment aborder la sexualité adolescente voir la pédophilie sans choquer de toute façon ?
Ne parlons même pas de la violence ou si parlons en un peu.

Orange Mecanique ou Funny Games représentent pour moi le summum de ce qu’on pouvait trouver en terme de film angoissant et ultra violent mettant en scène des ados.

Et je ne parle même pas du genre horreur avec Damien, Jason ou plus récemment Joshua.


On pensait avoir tout vu avec ceux là et le thème de la possession maléfique a tellement été utilisé ( voir usé) qu’il fallait trouver d’autre ressorts sans pour autant sacrifier les critères qui ont fait le succès du genre.

Et voilà qu’Esther, jeune pré ado(ou pas) bien sous tous rapports vient bousculer les classiques du genre, non pas grâce à un scénario original mais en relevant le pari de faire un remix so 2010 de l’intouchable « psychose » et du désormais kitsch « Chucky ».
L’orphelinat avait tenté une entrée au panthéon des films plus freaky que scary mais s’était lamentablement vautré et puis avec le remake de La dernière maison à gauche Wes Craven avait me semble t’-il ouvert la brèche d’une violence franche et sèche comme le bruit du corps qui s’abat sur le sol mais avait malheureusement cédé à l’appel démoniaque du genre teen moovie qui détruit toute idée originale qu’il touche(Scream, légendes urbaines and co).
Le commun des cinéphiles ne verra sans doute dans Esther qu’un film flippant de plus, mais les fans du genre ont bien sentit qu’il s’est passé quelque chose, parce que justement il se passe énormément de choses dans ce film.
« Il n’y a pas de terreur dans un coup de fusil, seulement dans son anticipation. » disait également le maître.
Des choses qui étaient justement déjà présentes chez Hitchcock(le genre horreur n’étant finalement qu’un sous ensemble du genre suspens et non l’inverse) mais qui sont le plus souvent oubliées par les scénaristes au profits de scènes qui frôlent le ridicule.
Esther n’arrache pas de hurlements comme en avait la capacité Freddy, bien au contraire elle fait rire, de ces rires nerveux dont on ne sait pas trop si il faut en rire ou en pleurer.
C’est que « L’angoisse n’est pas supportable sans l’humour. C’est le mélange qui fait le plaisir. »


Les censeurs sont tellement obnubilés par la violence physique qu’ils oublient souvent la violence psychologique(présents à un degré quasi égal dans tous ces films) et le film écope d’une interdiction aux moins de 12 ans là où un – de 16 aurait été plus approprié.

Vous l’aurez compris Esther est un film qui m’a vraiment plu, pas parfait mais juste satisfaisant.

Pour tout vous dire, c’est le film que j’attendais depuis Dark Water!

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7 Commentaires

  • Reply mariga(z)

    Peut être as-tu déjà vu l'Echine du diable de Guillermo del Toro ?

    15 janvier 2010 at 20 08 38 01381
  • Reply D.

    Non je ne l'ai jamais vu, mais j'en ai entendu parlé, je vais le chercher tiens!
    Thx

    16 janvier 2010 at 8 08 49 01491
  • Reply J'ai flâné pour vous

    impossible de regarder ce genre de film… et avec des enfants c'est juste IMPOSSIBLE!… ils me hantent pendant des années!

    18 janvier 2010 at 8 08 22 01221
  • Reply nubiennes

    J'ai vu ce film et il est pas mal ^^ .Je ne dirai pas qu'il est du niveau de Dark Water parce que je n'ai pas eu ce petit frisson à certains moments .Je ne sais pas de quelle version tu parles, japonaise ou américaine .Moi ,je parle de la version Japonaise qui reste un cinéma d'horreur particulier . A part cela l'intrigue d'Esther était intéressante .Le film aurait pu être sans surprise .Malheureusement une fois que l'on connait la fin on n'est dans l'impossibilité de revisionner le film mais le jeu des personnages et « l'action » est arrivé à masquer ce qui pouvait faire complétement capoter l'intrigue .

    23 janvier 2010 at 9 09 14 01141
  • Reply D.

    Dark Water la version originale donc japonaise, je suis une fanatique du genre donc le V2 américaines je les cite même pas.
    Non Esther n'est pas du niveau de Dark Water bien sur, mais c'est le dernier film mettant en scène des enfants qui m'a vraiment bluffé!
    Ensuite oui quand on la vu une fois l'effet de surprise s'estompe.
    As tu vu Rec 2?
    Je crains ne pas avoir le temps d'y aller!

    23 janvier 2010 at 13 01 32 01321
  • Reply Soraya Lynsada

    Parce que la vie est faite d'antagonismes: sans méchants, pas de gentils !
    ps: chouette découverte ce blog 😉

    27 janvier 2010 at 15 03 40 01401
  • Reply Mélocy

    Esther est vraiment bien fait je trouve.

    25 septembre 2010 at 16 04 37 09379
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