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Cinéma

Portrait croisé : Esprits rebelles/Entre les murs.

Esprit rebelles/Dangerous Minds sortit en 1995 est pour moi le meilleur film en et sur le milieu scolaire. Le cadre n’est pas tout à fait le même que dans le film de Laurent Cantet puisque l’action de ce dernier se déroule dans un collège parisien avec des élèves beaucoup plus jeunes.
Pourtant « Entre les murs » relève le défi de faire presque aussi bien qu’ »Esprits Rebelles » même si le film se garde bien d’être moralisateur ou rédempteur.
L’on retrouve le parcours inconsciemment initiatique d’un jeune professeur de français confronté aux lacunes énormes voir révoltantes des élèves dont il a la charge. C’est en fait les lacunes du système qui crèvent l’écran et suscitent chez ces jeunes une violence physique et verbale dont ils sont les premières victimes

Le film de John N. Smith allait déjà très loin en 1995 en abordant tous azimut les problèmes de la drogue, des armes et de la violence à l’école.
En France cela semblait déjà plus facile dans la mesure où les problèmes de violence à l’école ne sont pas de la même ampleur qu’aux États-Unis. Mais la politique de l’autruche des pouvoirs publics y est paradoxalement plus élevée.
Il y a eu les années ZEP, où tous les problèmes scolaires se conjuguaient en Z, ceci à la gloire des gouvernements respectifs. Il n’était pas alors dramatique que dans certaines zones des milliers de personnes ne sachent ni lire, ni écrire quand d’autres apprenaient des théorèmes des lors que ces zones étaient circonscrites à la banlieue parisienne. D’ailleurs nombreux sont les jeunes professeurs qui en s’endormant priaient Saint Charlemagne de pas être affectés à la Courneuve au sortir de l’IUFM.
Cela ne dura pas, et mal leur en prit semble nous démontrer Laurent Cantet avec son film Entre les murs.

Bien entendu, il y a un monde entre Emilio Ramirez qui dans Esprits Rebelles finira dealer et Souleymane la forte tête de la classe de 4ième du collège François Dolto dans le 19ème que son père renverra au Mali, mais c’est la même résignation qui dégouline de ces comportements agressifs, le sentiment d’être de toute façon jugé a priori, catalogué et finalement exclu.
Je ne m’étonne pas du fait que le film ait fait polémique dans les milieux enseignants. Beaucoup de personnes ont décrié la méthode de travail de ce jeune prof de français , François Bégaudeau également prof à a ville qui n’est pas sans rappeler celle utilisée par Michelle Pfeiffer dans Esprits Rebelle, plus basée sur le dialogue que la répression. Selon ces détracteurs, il s’agit de la sacralisation d’une vision des choses plutôt manichéenne et éloignée de la réalité.

Pour avoir côtoyé une année entière ces esprits rebelles, je ne peux qu’apprécier cette méthode mais cela n’en fait pas forcément un bon film. Le brio réside dans cette impression d’authenticité due aux choix judicieux opérés dans le scénario, mais surtout dans le casting « original ». Oui au cinéma ce casting reste pour beaucoup original, alors que ces gamins jouent leur propre rôle. Pas étonnant que la plupart des films sur le sujet, passent à côté …du sujet!

Et si finalement c’était en France que l’on vivait dans un « ganstas paradise » où les méchants seraient les adultes qui s’obstinent à fermer les yeux et à donner des coups à l’aveuglette ?

Ceci est un autre débat, mais pour l’heure l’aventure des esprits rebelles de Cantet se poursuit et comme il se doit, le prochain arrêt est… Hollywood!

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3 Commentaires

  • Reply nubiennes

    Vu les échos que j’ai eu de ce film ,je ne crois pas que je vais pas me délacer pour le voir .Encore une stigmatisation de notre communauté .j’imagine déjà la méthode éducative débile pseudo-révolutionnaire de ce film .Qu’ils arrêtent de nous bassiner avec la banlieue,les étrangers ,tout ses stéréotypes qui tiennent plus du fantasme .D’ailleurs cette retranscription de ce film avec de « vrai acteurs » c’est à dire des élèves de cette même classe ne fait qu’encore plus justifier une réalité voulu par les médias .Bien sûr tout le monde applaudit ,ses petits noirs sont criant de vérité parce que c’est comme ça que le bobo dans son pavillon l’a rêvé .N’oublions pas qu’il y a un scénario derrière ce film .

    15 octobre 2008 at 12 12 04 100410
  • Reply D.

    Je pense que t’y vas un peu fort, Nubien. Justement il n’ya rien de révolutionnaire dans ce que fait ce prof et ceux qui ont bossé dans le milieu éducatif le savent. Il n’y a pas non plus de stigmatisation dans ce film, c’est bien de dennoncer, mais attention aux oeillères.Bien sur qu’il y a une scénario et c’est d’ailleurs ce qui vaut une palme d’or à ce film. Je ne suis pas bobo et je ne vis pas dans un pavillon mais ce film est criant de vérité, mais pas la vérité à aquelle tu fais référence. Il est criant de vérité(à mon sens) sur un système qui a instauré depuis fort longtemps un plafond de verre.

    15 octobre 2008 at 12 12 08 100810
  • Reply Cesco

    À propos de saint Charlemagne, sa sainteté fut proclamée en un temps où la canonisation se faisait à l’applaudimètre : <>Vox Populi, Vox Dei !<>Il est vrai que le grand Charles qui < HREF="http://www.villemagne.net/site_fr/rome-charlemagne.php" REL="nofollow">se rendit plusieurs fois à Rome<>, fut aussi crédité d’un imaginaire < HREF="http://www.villemagne.net/site_fr/jerusalem-charlemagne.php" REL="nofollow">pèlerinage à Jérusalem<>.

    8 février 2009 at 21 09 50 02502
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