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Reporters sans frontières s’expose au Petit Palais

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) célèbre cette années ses 25 ans.
Depuis 1992 l’organisation édite des albums de photographies pour financer ses actions à travers le monde.
Cette année l’ album regroupe 100 photographies de Pierre et Alexandra Boulat  sur le thème de la liberté de la presse (en vente depuis le 9 septembre ).
Le Petit Palais impliqué depuis toujours dans le combat pour la liberté d’expression et la défense du (photo)journalisme a souhaité soutenir l’organisation en exposant  cet album anniversaire.
Une modeste exposition un peu en marge des évènements que sont Monnet au Grand Palais et Murakami à Versailles mais que je vous recommande fortement (l’entrée est libre) !

J’ai vraiment été surprise de la sincérité qui se dégage de cette exposition. Non pas que je sois insensible aux combats que mène l’organisation et au travail des photographes qui oeuvrent dans ce domaine, mais je dois vous avouer qu’une photographie dans Paris Match entre deux pages people et deux pages de publicité aussi criante de vérité, aussi poignante soit-elle est rapidement oubliée.
C’est le fameux « Vous pouvez désormais éteindre votre télé et reprendre une activité normale ».
Loin de moi l’intention de faire preuve de cynisme, mais c’est la (triste) réalité.
Lorsque la cause est juste, indispensable, voir même perdue ( quand on voit ce qui se passe dans certains pays théâtres quasi ancestraux de la lutte pour la liberté de la presse), il est presque indécent de vouloir établir une échelle éthique des supports…
Il n’est donc pas utile que je vous explique à quel point cette exposition est intéressante, ou si peut-être, et le lien qui unit Pierre et Alexandra n’y est pas étranger.
En effet c’est également à une histoire de famille non dénuée d’émotion que nous invite à assister le Petit Palais. Au travers des photos d’alexandra la fille, on se demande comment elle aurait pu faire un autre métier alors que son père l’en a fortement dissuadé.
Sont d’ailleurs également exposés divers travaux de peinture réalisés alors qu’Alexandra n’est qu’une adolescente et qui préfigurent clairement l’aspect du monde qu’elle proposera des années plus tard. Une dénonciation presque pudique de maux que l’on a parfois du mal à imaginer et surtout une proximité très particulière avec les sujets de ses photos qui lui permet de livrer de magnifiques clichés, mais traduit également le danger auquel ce métier expose ces hommes et ces femmes qui l’exercent.
Inutile d’en dire plus, la biographie, ce qui restera imprimé, de cet impressionnant et talentueux duo qui a été témoin visuel des principaux bouleversements mondiaux du 20ème siècle, se déroule dans toute son ampleur dans la petite salle du sous-sol…

Transport de kosovars albanais vers un camp de réfugiés, Macédoine, Avril 1999.
La cache d’un Snipper, Mostar, Boznie-Herzegovine, août 1993.
Funérailles de vingt-cinq kosovars albanais tués par la police serbe, Rogova, Kosovo, 1999.
Un vieil homme dans les ruines de Sarajevo, Boznie-Herzégovine, mars 1996.

 Des soldats américains aident les bagdadis à mettre à bas la statue de Sadam Hussein. Bagdad, Irak, avril 2003.

Un palestinien de Gaza traverse le check point d’Erez qui sépare Israel de la bande Gaza, Mai 2006.
Yves Saint Laurent, moment d’angoisse avant la présentation de sa première collection sous son nom, 1962.
La suite des images c’est au Petit Palais à Paris  jusqu’au 27 février 2011 (si c’est pas beau ça !).

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