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Voyages

Sankofa cry

* Nous sommes le cri de san ko fa qui dit que le passé le plus amère ne peut être ignoré. Léonora Miano

Je suis née à Yaoundé en 1979. Aussi anecdotique que cela puisse paraître, j’en tire une très grande fierté. La terre d’Afrique est parfois si aride que  cet héritage est pour beaucoup trop lourd à porter. Pour moi c’est différent. Loin d’être un sacerdoce, j’aborde mes origines comme un incroyable cadeau.

Il faut savoir d’où l’on vient non pas pour savoir où l’on va, mais pour être bien dans sa peau où que l’on soit, tout simplement.

L’Afrique a ses paradoxes, ses oxymores, ses métaphores, ses hyperboles, ses anaphores  et que sais-je encore. L’Afrique on l’aime ou on la quitte semblent nous dirent ceux qui y vivent au quotidien. Au début de ce court séjour j’ai eu du mal à comprendre cette philosophie que je prenais à tord pour une forme de fatalisme et de laxisme face aux problèmes qui minent nos sociétés.

Après 10 jours passés à Yaoundé je réalise que c’est eux qui ont raison.

Dresser la liste des choses qui ne vont pas c’est autant de temps passé à ne pas construire ce qu’il manque, et Dieu seul sait s’il en manque des choses !

La faute à qui : l’esclavage, la colonisation, la France-Afrique, les Africains eux-mêmes ? Un débat sans fin, je dirais même plus : un cercle vicieux.

Forte de cet héritage qui est le mien,  j’ai décidé d’apporter ma petite minuscule pierre à l’édifice africain. Cela prendra du temps et beaucoup d’énergie. Je lui dois bien ça.

Photos prises à Ngoumou (40 min de Yaoundé) le village de mes parents.

Qu’il soit fait clair pour tous que le passé ignoré confisque les lendemains

Goodbye Mamie !

*Léonora Miano, Les Aubes Écarlates, Plon 2009

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