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Cinéma

« Somewhere » de Sofia Coppola ♥

Cela fait des années que je le répète : le cinéma de Sofia on l’aime ou on ne l’aime pas, mais manifestement jamais  on ne le quitte.
Bien au contraire, on y retourne à chaque fois comme le dernier évènement à la mode sans même se soucier du synopsis et forcément cela laisse des traces…
J’ai pour ma part-puisqu’à chaque fois que l’on parle de Sofia dresser le bilan il faut-aimé sans réserve « Virgin Suicide » ainsi que son  « Marie Antoinette » et pas du tout accroché à « Lost in Translation » pour ne pas dire détesté.
C’est qu’avec Sofia, j’ai du mal à détester, parce qu’au fond- et « Somewehere » en est une parfaite illustration-l’intention est là, mais comme je le disais au sujet de « Venus Noire« , la cinéphile que je suis ne peut se contenter de déclarations, la démonstration doit s’exprimer clairement et simplement sur la pellicule sans qu’il faille en discuter des heures .

Je veux dire, chacun y va de sa petite interprétation plutôt bienveillante du côté de la presse, mais au fond « Somewhere » n’a pas su traverser les frontières de l’esprit de Sofia pour nous faire passer un moment de cinéma plaisant ou déplaisant mais dans tous les cas complet.
Je m’explique : J’ai l’impression que ce film est une sorte de patchwork stylisé sortit tout droit du journal intime que la cinéaste tenait ado, depuis sa cage dorée (matérialisée ici par le château où il suffit de sonner pour obtenir tout ce que l’on souhaite). Il est d’ailleurs fait mention de ce journal intime dans le film. La part autobiographique est indéniable, mais comme qui dirait, il faut se méfier de ce que l’on connaît.
Rien de bien déplaisant, mais par définition le journal intime n’a d’intérêt que son caractère intime.
Il en va de même pour le film.
Somewhere nous est vendu comme un film grand public que l’on devrait se contenter d’ aimer ou de ne pas aimer, comme ses précédents et là je ne suis pas d’accord !
Je suis bien incapable de dire que je n’ai pas aimé, mais beaucoup de choses m’ont manqué et principalement la raison pour laquelle il est si important pour Sofia, pour les protagonistes du film et en définitive pour le public de filmer l’ennui.
Ce dernier dont semble au moins souffrir Johnny Marco, un acteur un peu has been mais qui continue de jouir d’une petite notoriété qui arrive encore à le faire sombrer dans les paradis artificiels (alcool, pilules, sexe facile et sans lendemain). Logé dans une suite d’une mythique château Marmont, il s’y traîne comme s’il fantasmait d’y vivre ses derniers jours. Il faut attendre l’arrivée de Cléo, sa fille de 11ans qu’il doit garder quelques jours pour voir Johnny sortir un  peu de sa torpeur et voir le film adopter un rythme à peu près acceptable pour le spectateur.
Les quelques jours que Johnny passe avec sa fille, sont faits de plaisir simples comme partager une partie de ping-pong, un bon repas ou lézarder au bord de la piscine.
Sofia a t-elle voulu nous montrer à quel point  « C’est en vain qu’on cherche au loin son bonheur quand on oublie de le cultiver soi-même. » (cf Jean-Jacques Rousseau) ?
Je crois que oui,  mais malheureusement sa démonstration est d’un ennui quasi mortel : le film s’ouvre sur une scène où l’on voit Johnny faire près de six tours d’une route de désert dans sa ferrari et se poursuit avec un numéro entier de pôle dance aussi ennuyeux que le ballet sur la glace de sa fille pendant tout un (long) morceaux de Gwenn Stefani.
L’expression « un long moment de solitude » n’a jamais pris autant de sens que pendant ce film.
Solitude car le spectateur est complètement laissé à lui même sans clé mais plutôt des bribes pour comprendre le film.
En sortant de la salle j’ai tweeté ceci : » Somewhere » ou de la pertinence de filmer l’ennui (pour ceux qui suive).
Même si j’aime faire quelques digressions dans mes critiques ciné, pour moi un film ne de doit pas se comprendre à la lumière de la vie de son réalisateur ou de ses expériences personnelles. 
A la limite d’un film précédent et il n’est pas désagréable d’assister à des projections comme des sous ensembles d’un même genre (cf Tarantino), mais hormis ces cas précis, le film est pour moi une oeuvre totalement autonome, qui peut être à clé, mystérieuse, extrêmement complexe ou susceptible d’interprétations diverses, mais tout cela ne doit en aucun cas nuire à la perception immédiate qu’en ont les spectateurs.
On nous explique ça et là, qu’il faudrait que l’on aborde ce film comme une maïeutique ( Méthode qui permet, grâce au dialogue, à un esprit d’accoucher de vérités demeurées cachées) (cf Jalouse décembre-janvier) mais je suis désolée, l’expérience n’exonère pas de la démonstration nécessaire à la mise en oeuvre d’un scénario.
Alors oui, Elle Fanning et son papa complètement paumé Stephen Dorff sont attachants, mais c’est à peu près tout.
Je n’ai pas détesté, mais je ne recommande pas.
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