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Lecture

The Heart of a Woman

The heart of a Woman
Avec deux livres et un recueil de poème à mon actif, je peux dire aujourd’hui que Maya Angelou est une écrivaine dont le talent ne réside pas dans la capacité à produire des phrases alambiquées, mais dans sa façon si particulière et jamais rébarbative de raconter des histoires.
En l’occurrence la sienne. Il n’y a pas à mon sens exercice littéraire plus difficile que l’autobiographie.

Il faut savoir sélectionner objectivement les évènements de sa vie, pas ceux que l’on aimerait raconter, mais ceux qui méritent d’être contés.
Dans ce livre on découvre que chaque jour de la vie de femme de Maya Angelou est une aventure.
Le premier Volume « Je sais pourquoi l’oiseau en cage chante » s’était achevé sur la naissance de son fils, qui coïncide avec la fin de son adolescence et on le comprend en filigrane la fin de l’innocence.

« The Heart of a Woman » le titre original qui hérite d’un très juste « Tant que je serai noire », débute avec la vie de femme de Maya, son émancipation et l’appréhension de sa vie de mère célibataire au sein d’une société américaine où commence à s’élever des mélodies très dures telles que « Strange fruit » interprétée pour la première fois par Billie Holiday en 1939:

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Maya Angelou apparaît ici comme l’âme de Amérique noire qui ne veut plus subir.
Une Amérique des années 60 en pleine mutation qui ne parvient pas à se débarrasser de ses vieux démons et qui voit l’émergence d’une intelligentsia qui s’illustre notamment à travers les arts(je vous en reparlerai avec le magnifique ouvrage « Harlem Renaissance ») et l’inévitable politique.

James Baldwin, Malcom X, Martin Luther King,etc.
Des personnes considérées encore aujourd’hui comme des légendes deviennent de simples figurants sous la plume de Maya Angelou.
Des témoins de ce qu’une femme guidée par son coeur peut accomplir.
En refermant ce bouquin, je me suis demandé comment cette femme avait réussi à y faire tenir autant de choses (ce n’est pas un pavé).
L’écriture de Maya Angelou est simple et sincère, au bout de quelques pages elle nous emprisonne de sa philosophie flegmatique comme si elle savait d’avance ce qui allait lui arriver(sans que le lecteur puisse anticiper) sans pour autant chercher à s’y préparer…
C’est cette spontanéité qui à mon sens manque à beaucoup d’écrivains sûrement trop littéraires et moins factuels.

Celle là même qui fait qu’au lieu d’avaler goulûment et fatalement les pages avec un sentiment de déjà lu, on économise, marque, corne avec le sentiment d’être le destinataire privilégié d’une très belle mais à la fois douloureuse confession.
Maya Angelou n’a pas eu une vie facile mais on en savoure chaque ligne comme les épisodes d’une série télé où il n’est fait l’économie ni de la musique ni des costumes.
Maya Angelou écrit comme les scénaristes de ces séries télé à l’esthétisme léché (Je dois vous parler de Mad Men)qui raflent tous les prix.

Maya dresse ici une série de portraits qui évoque les photos anciennes que je trouvais petite dans les vieux albums de mes parents.

Chacune d’elle renfermait une histoire que l’on ne pouvait pas résumer en un clic, et pour cause le procédé photographique impliquait toute une préparation qui alimente aujourd’hui l’histoire de chacune de ces photos aux coloris sépia.
Maya Angelou écrit comme on photographiait alors: avec minutie,justesse et réalisme.
Un peu comme Malick Sidibe l’un de mes photographe préféré…

Comme chez moi un art en entraîne un autre je vous laisse avec quelques un de mes clichés favoris:

Malick Sidibé:” nuit de Noël”, 1963.

« Nuit de Noël », 1963 dont une reproduction m’a justement été offerte pour Noël.

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« La femme a Carreaux », août 1971.

malick sidibe fevrier_1965_4 lr_large
« Les trios gentlemen bien en veste », février 1965.

Mais aussi :

Malick Sidibe

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malick-sidibe

Dans un autre registre la créatrice Agnes B a rendu hommage cette année au photographe Malick Sidibé en exposant dans sa boutique parisienne une partie de sa collection, et en sérigraphiant une série de tee shirts de robes et de chemises exclusifs reprenant quelques uns des visuels du photographe malien.

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6 Commentaires

  • Reply roughdisco

    toujours un plaisir de te lire, superbe post! je file acheter le maya angelou 🙂

    27 décembre 2009 at 23 11 24 122412
  • Reply nubiennes

    ça m'a l'air intéressant mais je n'ai pas trop le temps de lire des bouquins ses temps-ci .En plus je ne peux commencer un livre sans que je le finisse instantanément .C'est dommage que pour le premier tome tu nous donne la fin .Je vais quand même me le procurer .Après tout on ne sait jamais ^0^ .

    29 décembre 2009 at 20 08 03 120312
  • Reply D.

    ça tombe bien nubien, celui-ci tu vas pouvoir le finir instantanément!
    Sinon pour la fin du premier tome, il n'y a pas vraiment de suspens c'est tout ce qui vient avant qui va te tenir en halène.
    En tout cas ces livres sont pour moi des classiques de la littérature afro-américaine.
    Bonne lecture à vous…

    29 décembre 2009 at 21 09 39 123912
  • Reply nubiennes

    j'ai eu le tout un peu plus de 12 euros ^0^ livraison gratuite .Vive amazon .Tiens je vais le proposer sur mon blog au prochain post .

    30 décembre 2009 at 10 10 53 125312
  • Reply D.

    Ouiiiii vive Amazon, je suis bien d'accord!

    1 janvier 2010 at 22 10 56 01561
  • Reply nubiennes

    BONNE ANNEE 2010 très chère D.
    Que cette année nouvelle t'apporte tout ce que tu désires .Qu'elle te réserve également des bonheurs inattendus.

    2 janvier 2010 at 12 12 12 01121
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