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Un Portrait imaginaire de Diane Arbus (Fur)

Jeu de Paume Paris, décembre 2011

J’ai rencontré Diane Arbus il y a quelques années. Je bossais alors dans le 18ème, à 15 minutes des puces de Saint-Ouen et où j’y passais tous les lundi ma pause déjeuner. J’y achetais souvent des DVD de vieux films, des coffrets de séries, des livres, des sacs et des vieux bougeoirs…
Un jour je suis tombée sur ce film :
Fur : un portrait imaginaire de Diane Arbus

J’avais déjà entendu parler de cette photographe, mais en surface. Je me souvenais avoir lu quelque part que Kubrick s’était inspiré d’une de ses photographies pour créer le personnage des jumelles dans son film « Shining ».

Identical Twins, Roselle, New Jersey, 1967
The Shining Twins 1980

J’ai aimé l’idée. J’aime les choses « étranges » ou l »étrangeté » dans les choses je ne sais pas trop.
J’ai donc découvert Diane Arbus à la faveur de ce film que j’ai beaucoup aimé.
Nicole Kidman y est comme à son habitude : magnétique. Et Robert Downey Jr, là où on ne l’attend pas.

L’histoire est pour le moins surprenante : Diane mère de famille discrète, vit dans l’ombre de son mari qu’elle assiste dans son travail de photographe renommé. Malgré toutes les raisons qu’elle a de s’épanouir, elle s’ennuie et sombre lentement dans la dépression…jusqu’au jour où elle remarque ce voisin mélomane et mystérieux. L’homme n’a aucun contact avec ses voisins, et les rares fois où elle le croise, il porte un long manteau et une cagoule dissimule son visage, ne laissant apparaitre que ses yeux.
Diane l’épie et un jour n’y tenant plus, elle décide d’aller à sa rencontre avec un appareil photo.
Elle découvre alors un homme pas comme les autres…une sorte d’Elephant Man. Cette découverte au lieu de l’effrayer lui rend cet homme irrésistible. Ils entament alors une relation d’amitié (qui se mue rapidement en passion amoureuse)secrète au cours de laquelle l’homme fera découvrir à Diane le New York Underground des années 50 : non pas celui des artistes et musiciens de jazzz, mais celui des « freaks ». Ces gens qui à cause de leurs différences physiques ont du se construire leur propre monde, pour se protéger des regards désapprobateurs de la société.
Dans cette société secrète de l’étrange, Diane découvrira la vie.

C’est ce film qui m’a donné envie de découvrir les travaux de la photographe. Il s’agit bien entendu d’un portrait imaginaire, mais une jolie métaphore de ce qui  a pu se passer dans la tête de la photographe pour qu’elle tourne le dos au monde de la mode, des paillettes et des mondanités pour se tourner vers celui moins glamour des handicapés, des laids, des gros, des vieux, des noirs, des déviants…

 Voici ce qu’elle en dit :

Le signe d’une minorité c’est la différence. Celle de la naissance, du hasard,du choix,de la croyance, de la prédilection, de l’inertie. (certaines sont irrévocables : les gens peuvent être gros,pleins de taches de rousseur, handicapes; se distinguer par leur ethnicité, leur age, leur classe sociale, leurs attitudes, leur profession, leur enthousiasme.) chaque Différence est aussi une Ressemblance. Il y a des associations, des groupes, des clubs, des alliances, des milieux pour tout un chacun. Et chaque milieu est un petit monde en soi, une sous-culture avec des règles du jeu légèrement différentes. Ne pas les ignorer, ne pas les mettre dans le même panier, mais les observer, les prendre en compte, leur prêter attention…dans l’idée de faire un livre de photographies.
1971,description du projet The quiet minorities proposé a la fondation Ingram Merrill.

Sans titre, 1970 – 1971
Jeune homme en bigoudis chez lui, 10ème rue, NY, 1966. 
Lilliputien Mexicain dans sa chambre d’hôtel à New York, NY, 1970. 

Enfant avec une grenade en plastique dans Central Park, NY, 1962.

Si vous souhaitez découvrir l’univers de Diane Arbus n’oubliez pas de vous rendre au Jeu de Paume à Paris, qui consacre à l’artiste une très belle rétrospective. La collection est incroyablement riche et surtout elle renferme une salle entière contenant des archives, des travaux avortés, des projets, des notes personnelles ainsi que ses outils de travail, filtre, boitiers etc.

Un bel hommage.
A voir jusqu’au 5 février 2012.

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3 Commentaires

  • Reply Optimistic.

    ARTICLE plus qu'intéressant, merci mamie culture.

    19 décembre 2011 at 12 12 58 125812
  • Reply D.

    @Diane : de rien beauté, je recommande vivement cette expo !

    26 décembre 2011 at 13 01 02 120212
  • Reply Ligia

    J'aime le expo aussi…www.awanderinganthropologist.blogspot.com

    8 février 2012 at 13 01 39 02392
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